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Ferme légère cherche fermiers légers

Cher aspirant potentiel, si tu lis cette page c’est que l’idée de t’installer avec nous, pour quelques mois ou pour toujours, t’a chatouillé l’esprit (si tu cherches à venir faire du wwoofing ou que tu es intéressé par les portes ouvertes tu fais fausse route, contacte-nous direct sur wwoof ou écris-nous à fermelegere@greli.net). La littérature ci après a pour but de te faire gagner du temps à toi, chercheur d’écolieu, et aussi à nous, chercheurs d’écolos. Elle apporte quelques précisions sur qui on est, ce qu’on croit, comment on fonctionne et où il y a de la place pour des projets à la ferme, en mettant les pieds dans le plat des sujets qui fâchent peut être.

Sur la Ferme légère

La ferme est présentée sur notre site, si jamais tu as oublié de surfer.

Nez en moins, voici quelques infos en plus :

  • Effectif. Après avoir été 10, nous sommes repassés à 6, et bientôt 4 et on pense maintenant qu’être 8 habitants autour de la table (sans compter les wwoofeurs, les copains, les visiteurs, la famille) serait top.
  • Nous avons un penchant très prononcé pour la collapsologie. Même si ce n’est pas la perspective de l’effondrement qui a motivé la création de Ferme Légère. Aujourd’hui nous pensons effondrement quand nous envisageons le long terme et cela a des répercussions concrètes sur l’évolution du projet. Nous pensons que la transition n’aura pas lieu, que notre grande voiture sociétale va bel et bien se taper le mur et du coup on essaye 1. de sauter par la fenêtre (d’inventer humblement quelque chose qui soit compatible avec nos anticipations) et 2. on prêche le freinage pour limiter la casse.

Pour 6 mois, 6 ans ou 6 vies : mode d’emploi

À la ferme, on ne cherche pas que des indéboulonnables. Il y a deux types d’habitants :

  • les résidents dits « de passage » parce qu’ils sont de passage pour quelques mois à la ferme, sans être encore fixés sur leur volonté de s’installer de manière permanente (à horizon de plusieurs années). Ils ont leur chambre et contribuent financièrement (loyer+charges+alimentation) de la même manière que les résidents permanents.
  • les résidents permanents, qui s’engagent à long terme à la ferme et sont invités à prendre des parts dans la SCI (structure propriétaire du lieu).

La différence entre les deux est que les premiers n’ont pas de pouvoir sur les décisions qui impliquent le long terme (ex: planter 300 fruitiers), même si on est toujours contents d’avoir leur avis.

Les décisions sont prises au consentement et tout le monde a le même pouvoir (égalité de droit). Pour autant, en pratique, les personnes qui ont plus d’engagement financier dans le projet (parts de SCI = responsabilité légale et risque financier), qui sont là depuis plus longtemps ou qui ont plus de compétences sur le sujet discuté ont tendance à avoir plus d’influence sur les décisions.

Les règles les règles les règles les règles les règles les règles

Édifiés de quelques années de recul, de comparaisons avec d’autres collectifs et de discussions parfois houleuses en réunion, nous attirons ton attention sur les points suivants:

  • Nous sommes un collectif structuré et nous sommes toujours convaincus que c’est nécessaire. Concrètement : on note les heures dédiés au collectif sur un tableau, on s’inscrit pour des tours de cuisine, on réserve les voitures partagées quand on en a besoin, on note les kilomètres, on a tous des agendas, on fait une à deux réunions par semaine. L’allergie à la coordination et la réunionnite aiguë sont donc peu compatibles avec le projet.
  • Les fermiers légers aiment la fête mais ont des réserves sur la consommation quotidienne de drogues en tout genre et les comportements addictifs. Ils ne possèdent pas d’actions chez Marlboro ni ne ressentent d’amour particulier envers l’industrie du tabac, dont ils acceptent que les clopes soient fumées au coin fumeur uniquement.
  • Ferme légère est un projet d’autonomie ambitieux, ce qui se traduit par un rythme soutenu. Ici on préfère viser haut et se la donner. Notre règlement intérieur dit qu’on doit bosser minimum 19 heures par semaine pour le collectif (temps annualisé). Dans les faits c’est souvent plus parce qu’il y a de quoi s’occuper.

La voie de l’intégration

À la ferme légère on aime bien prendre notre temps pour ces choses là. L’idée est de poser des jalons et de refaire le point régulièrement pour savoir si le mariage convient toujours à tout le monde. On commence par une première rencontre, on te fait visiter, on casse la croute, et puis on passe une semaine ensemble, on fait quelques chantiers. Si le feeling est bon, tu deviens résident de passage. Là, on se projette à quelques mois. Au bout de 6 mois à un an, a-t-on écrit dans notre règlement intérieur, si tout le monde est toujours partant, tu peux passer au statut “résident engagé”, ce qui est officialisé par la prise de parts dans la SCI (tu seras copropriétaire, si la propriété privée existe encore “camarade”).

Intéressés par des mains vertes

Le pan le plus complexe de notre autonomie est l’alimentation. Depuis quatre ans que la ferme existe, on fait encore pas mal les courses à l’extérieur pour se nourrir alors qu’on rêve de faire du vélo sans les roues. Le but n’est pas de tout produire sur la ferme parce que c’est illusoire et qu’on imagine l’autonomie alimentaire à l’échelle d’un territoire un poil plus vaste (voisins, commune, réseau de copains). Mais on aimerait ne plus du tout avoir à passer à la caisse pour les légumes, les oignons, les patates et acheter moins de légumineuses. Il y a donc besoin de mains au potager. Mais aussi de cerveaux. Voilà les enseignements que nous pouvons tirer de nos trois années de jardin :

  • Il parait fort compliqué d’avoir une activité de maraîchage commercial à la ferme (ressource en eau limitée malgré la récupération des eaux de pluie, sol argileux et compacté), il faut s’en tenir au vivrier.
  • La transmission des informations et des connaissances sur le jardin a souffert du renouvellement de référent(s) et du fait que les systèmes agricoles étaient peut être trop ambitieux. Pour le moment la ferme à été un lieu d'expérimentation et d'apprentissage plus qu'un modèle de résilience alimentaire.
  • La stratégie serait donc de mettre en place un système agricole le plus simple et le plus transmissible possible pour que les changements de jardiniers ne pèsent pas trop sur les récoltes. Une réflexion est aussi à poursuivre sur la résilience alimentaire de la ferme (être plus autonome sur les semences, favoriser des cultures calorifiques, etc. ).

Points potentiellement compliqués

Les voitures partagées : à la ferme on est ferme sur ça. On ne veut pas avoir plus de deux voitures parce que ça colle bien avec notre mode de vie. Du coup, si le parking est déjà complet, on n’accepte pas d’autres quadricycles, libre à vous de faire garder l’/les engin(s) ou de le(s) vendre. Si il y a de la place, la/les voitures est/sont collectivisée(s) pendant la durée du séjour. Le propriétaire repart avec ou est libre de vendre à tout moment bien sûr.

Les bambins : on vit tous sous le même toit et on prend tous les repas ensemble, ce qui est déjà pas mal niveau promiscuité. On se dit qu’avec des enfants en bas âge ça pourrait vite devenir électrique. Nous ne sommes pas anti mômes du tout mais pensons pour l’heure qu’un habitat en dehors du bâtiment principal serait plus adapté (question des habitats légers encore problématique vis à vis de la Mairie, emplacement de parking dispo pour camion aménagé ou Tiny, petite maison potentiellement à louer à 100m).

Les sous. Habiter à la ferme est une équation difficile. Même si les coûts sont maitrisés (possible de vivre avec un demi SMIC par mois loyer, charges et alimentation compris), notre projet d’autonomie requiert des investissements et des dépenses donc des sous. Et il n’y a pas nécessairement beaucoup de gagne pains sur place (compliqué pour le maraichage, mais pourquoi pas du pain, du petit élevage, des activités artisanales, des stages ou du télétravail tant que les ordinateurs fonctionnent). La ferme ne se trouve pas non plus dans un bassin foisonnant d’emplois. Il faut donc être inventif. C’est difficile mais pas impossible et c’est une question qui a intérêt à être murie avant l’atterrissage, à notre humble avis.

Nos amies les bêtes : nous ne les mangeons pas ou peu, nous sommes « flexitariens ». Ayant pour projet d’élever des moutons pour maintenir le terrain ouvert, nous envisageons aussi nécessairement d’abattre et de manger un bélier de temps en temps. Concernant les animaux de compagnie, que nous ne mangeons pas, ils sont bienvenus à l’extérieur mais pas dans la maison, assez peuplée comme ça. Le nombre de chiens et de chats doit resté limité, de manière à ne pas faire trop pression sur les oiseaux par exemple.

Voilà pour nous!

Si tu es toujours avec nous et que tu es venu à bout de la charte sans hérisser les poils, nous avons une dernière lecture à te proposer, contactes-nous à fermelegere@greli.net en mettant le mot « intégration » en objet.

Profites de ce mail pour te présenter, nous sommes curieux. Tu veux nous parler de toi, d’où tu en es dans ta vie et ce que tu aimerais en faire… ça nous intéresse!

À bientôt ?

Les fermiers légers

annonce2019.txt · Dernière modification: 2019/12/12 12:08 par fl